Comment lutter contre l’absentéisme des agents ?

Le Ministère s’attaque à l’absentéisme des agents

 

Avec la circulaire du 31 mars 2017, le ministère de la Fonction publique entend lutter contre les absences répétées des agents territoriaux pour des raisons de santé. L’absentéisme pour ces agents a connu une hausse de 26 % en 8 ans pour s’établir à 9,3 % en 2015.

 

La prévention et l’amélioration des conditions de travail comme solutions ?

La circulaire du 31 mars 2017 est axée sur le renforcement des contrôles et d es mesures de prévention au travail.

Il est essentiel que les employeurs publics adaptent leurs méthodes de management pour améliorer la qualité de vie au travail.

Les causes d’absence sont multiples et avant tout liées aux caractéristiques de la population étudiée (âge, sexe, CSP) mais aussi aux conditions de travail. Une fois identifiées au sein de vos services, il est nécessaire de prendre des mesures au sein même de l’organisation de l’administration.

Les managers doivent par exemple être formés afin de détecter les signes qui traduisent un problème de santé chez les fonctionnaires.

Grâce au Plan de santé et de sécurité au travail pour améliorer les conditions de travail mis en place par le ministère, la prévention des risques professionnels ainsi que la pénibilité des conditions de travail sont mises en avant.

On constate néanmoins que certains agents publics n’ont pas connaissance des règles relatives aux absences. Lorsque c’est le cas, lancer une campagne d’information auprès des agents des différents services reste la meilleure solution.

A savoir. Dans chaque service, les personnels encadrants peuvent bénéficier de l’aide d’inspecteurs en santé ou encore des médecins de prévention.

 

Un suivi plus régulier et des sanctions accrues

Rappelons que les arrêts de travail doivent être justifiés dans un délai réglementaire (48h à compter de la date d’établissement de l’arrêt de travail) à l’aide d’un certificat médical. Une absence injustifiée entraîne une retenue sur le salaire équivalente à la durée de l’absence.

Pour un congé maladie supérieur à 6 mois, les service RH doivent s’assurer que l’agent est dans l’impossibilité de travailler. Une contre-visite médicale est tout à fait envisageable afin de trancher sur la possibilité pour l’agent d’occuper son poste.

Il faut également veiller à ce que l’agent en congé maladie n’exerce aucune autre activité pendant son rétablissement.

Pour simplifier l’interprétation des contrôles, les indicateurs relatifs aux absences pour raison de santé vont donner lieu à un rapprochement entre les 3 branches de la Fonction publique, en s’inspirant notamment du secteur privé.

Incorporés aux bilans sociaux, ces indicateurs pourront être exploités par les partenaires sociaux.

 

Un premier échec

Ce n’est pas la première tentative de l’Etat pour lutter contre l’absentéisme suite à des problèmes de santé. Une expérimentation avait été menée dans six départements en 2012. Le succès ne fut cependant pas partagé.

Il était alors envisagé que les caisses primaires d’assurance maladie contrôlent les arrêts maladie des agents publics. Elles devaient améliorer le suivi médical des fonctionnaires, connaître leurs habitudes de soins et se rapprocher du modèle privé.

Le résultat s’est avéré décevant et inadapté au fonctionnement des administrations notamment à cause de l’absence de sanctions dans 85 % des cas où les arrêts maladies étaient injustifiés.

Le dispositif a été abandonné, mais nombre de solutions s’offrent aujourd’hui à vous.